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samedi 17 septembre 2011

Portrait de Clint.


Avec le temps, Eastwood fait du vieillissement de son visage un véritable véhicule de fiction, même dans les films qu'il ne met pas en scène comme à travers Dans la ligne de mire. En 1995, le cinéaste Luc Moullet écrit à ce propos :

" À partir de Pale Rider, ce qu'on voit surtout du visage d'Eastwood, c'est son impressionnante veine sur la droite du front. Elle exprime une vie marquée par les épreuves, les ans, et la fragilité de l'existence humaine : on a toujours l'impression que cette veine va éclater, menaçant les jours du tireur d'élite infiniment plus que ses adversaires armés jusqu'aux dents. Cette veine temporale, un petit travail conjugué de maquilleur et de l'opérateur eût suffi à la faire disparaître à nos yeux, ce qu'auraient exigées toutes les stars du monde, sauf Eastwood. On a même l'impression qu'il fait tout pour qu'on la voit, et qu'on ne voit qu'elle."

Clint Eastwood

Le premier souvenir que j'ai de Clint est sûrement un Western... Je suis convaincu qu'Impitoyable reste à ce jour Le plus grand Western produit. Ce film marquera aussi la fin du cycle Western pour Clint, à l'époque les critiques (Télérama pour ne pas les citer) s'insurger de voir Clint Eastwood aller "plus loin que John Wayne dans la voie du racisme et de la violence !" Considérer Eastwood comme un âpre réactionnaire fut longtemps le sport de prédilection des critiques. Mais après quelques : "Sur la route de Madison", "Mystic River", "Million Dollar Baby" plus tard, il devient la figure du réalisateur repenti...
En aucun cas ! Il sort "Gran Torino", un inspecteur Harry à la retraite où Clint met surement un terme à sa carrière d'acteur et à son cycle urbain, de manière hautement symbolique, Kowalski finissant à terre criblé de balles et dans une position Christique.